Chroniques d'ici, Toronto, Ontario

Pour ce deuxième rendez-vous des Chroniques d'ici, nous partons aujourd'hui en Ontario, pour y rencontrer Marc, un franco-canadien, dans la quarantaine qui vit à Toronto depuis vingt ans.

L'Ontario - source : www.wikipedia.com


Une petite présentation Marc ?

Marc, gérant du blog www.marccormier.pm. J’ai 43 ans et je vis au Canada depuis 20 ans à Toronto. Je suis directeur d’un service de soutien scolaire à Toronto et je travaille dans le milieu francophone.
 
Découvrez une superbe vidéo sur Toronto (cliquez sur le lien ci-dessous) :  
Copie écran et source vidéo : http://vimeo.com/53072482


Quel a été ton principal défi en arrivant au Canada ?

Étant citoyen canadien par filiation maternelle, mes racines canadiennes sont bien ancrées dans l’Est canadien, dans ces provinces qu’on dénomme les provinces "Maritimes". La culture de l’Ontario est très particulière et il a fallu s’habituer un tant soi peu à cette-ci.


A ce jour, selon toi, quels sont les 4 avantages de vivre en Ontario ?

-Le principal avantage de l’Ontario c’est d’être très près des principales métropoles américaines : Chicago, New-York, Boston, Philadelphie, Washington et Cleveland sont à moins d’une heure en avion.


Aéroport de Toronto - Crédit photo : Marc Cormier


-L’Ontario est la région la plus riche et la plus développée du Canada. On y trouve donc toute une panoplie de services et un tissu économique très solide.

-L’Ontario est une province qui compte
une population francophone importante mobilisée et active. Les Franco-Ontariens ont obtenu le contrôle de leur système scolaire propre et travaillent activement pour permettre non seulement la survie mais l’épanouissement de la langue française dans cette région. La francophonie y est donc vivante.

-L’Ontario, c’est un peu les Etats-Unis mais avec en plus un système social et économique stable et progressif.


A ce jour, selon toi quels sont les 4 inconvénients de vivre au Ontario ?

-L’omniprésence des symboles monarchiques, l’existence d’un courant monarchiste non-négligeable et parfois réactionnaire en dehors des grands centres métropolitains.

-Des attitudes anti-françaises et anti-américaines existent sans pour autant être d’une grande importance. Les attitudes anti-françaises voient la francophonie, les francophones et les Français comme des suppôts d’un Québec séparatiste : une présence qui n’est tolérée que par une certaine indifférence mais qui peut en tout temps se manifester.

-Une obsession identitaire qui cherche constamment à se définir en se différenciant des Etats-Unis avec force tout en faisant preuve d’un mimétisme affectif et obsessionnel vis à vis de New-York.

-Un certain nombrilisme culturel qui réduit parfois le fait canadien hors-Québec au fait ontarien.


Pourquoi avoir choisi de vivre en Ontario ?

Tout simplement l’envie de vivre dans une grande ville et la possibilité de travailler en français tout en vivant en anglais.

drapeau ontarien

Depuis ton installation au Canada, qu'est ce qui t'étonne ou te surprend le plus ici ?

Le contraste très clair entre les saisons ! Entre l’été caniculaire et l’hiver qui peut parfois être polaire avec ses grands froids, les contrastes sont nets et vifs (voir données en Ontario).
Originaire de Saint-Pierre et Miquelon, les saisons y sont moins clairement marquées avec des phénomènes climatiques qui peuvent subvenir en tout temps (brume, brouillard, humidité permanente, neige tardive en mai ou précoce en octobre).

Je suis aussi surpris par l’exception culturelle que constitue la
métropole de Toronto avec le reste de la province et les incompréhensions mutuelles qui peuvent en découler. Toronto est une ville multiculturelle, progressiste, tolérante et parfois indifférente, avec une population urbaine avec des tendances politiques à gauche entourée par une ceinture conservatrice.
On réduit parfois ce contraste au code téléphonique, ainsi on parle souvent des différences entre le 416 (centre-ville) et le 905 (péri-urbain).

Image du multiculturalisme à Toronto - Crédit photo : Marc Cormier

Parles-nous de la région où tu vis actuellement

Toronto jouit d’un véritable microclimat : si les hivers peuvent être très froids, nous échappons assez régulièrement aux grandes chutes de neiges si fréquentes à Buffalo, Montréal ou Québec.

La
ville de Toronto, malgré le nombre croissant de gratte-ciels, est encore une ville à échelle humaine avec ses quartiers culturels, sa mosaïque ethnique et ses nombreux parcs et sentiers boisés.

La population serait, aux dires de certains, la plus multiculturelle du monde. Ce n’est pas sans certains problèmes : cela pèse très lourd sur le système scolaire de la ville. De très nombreux aménagements doivent être instaurés pour subvenir aux besoins linguistiques et l’accueil de populations nouvellement installées. Une certaine balkanisation de la ville existe sans pour autant être une source de friction intracommunautaire.

Le quartier chinois de Toronto - Crédit photo : Marc Cormier


Utilises-tu le français et à quelles occasions ?

Oui absolument, tout se fait en français au travail : les logiciels, la communication, les ressources pédagogiques, les livres de référence. La communauté francophone et franco-ontarienne est connue pour son militantisme tranquille mais constant.

Ayant aussi de nombreux amis, connaissances et contacts francophones, cette langue est essentielle dans mes rapports quotidiens. Cela peut surprendre dans une ville comme Toronto, mais c’est une distinctions qui existe entre cette ville et les grandes villes semblables des Etats-Unis d’Amérique : des institutions et un cadre législatif pour une langue officielle minoritaire.
 
 
En quoi consiste ton travail ? As-tu rencontré des difficultés pour faire reconnaitre ce que tu as appris en France ?

Je suis de formation et de prédilection scientifique, j’ai fait des études de biologie cellulaire et de physiologie à l’université de Bordeaux I et II.

Cette formation de grande qualité et de grande rigueur m’a permis de m’adapter rapidement aux réalités nouvelles de l’informatique naissante aux débuts des années 90. En appliquant les principes acquis dans le domaine scientifique, j’ai pu développer des connaissances pointues dans divers domaines de l’informatique appliquée et la création de contenus interactifs en ligne.

Je n’ai pas eu de grandes difficultés pour faire reconnaître mon expérience dans le monde de l’enseignement ontarien et j’y travaille depuis 20 ans.
 

Est-ce que tu estimes que ton immigration a influencé ton caractère ou ta façon de voir les choses ?

Étant de filiation canadienne par ma mère, je n’ai pas eu ni à immigrer, ni à prêter serment à aucun monarque. Mon expatriation a certes influencé ma vision des choses par rapport à ma vie aux îles Saint-Pierre et Miquelon et à Bordeaux.

Je reste persuadé que le Canada peut-être une source d’inspiration en matière d’immigration et en matière d’intégration culturelle et sociale. Par sa politique multiculturelle, c’est à dire le respect et la célébration des différences, le Canada a du faire de ses immigrés une richesse nationale tout en sachant que chaque citoyen, chaque individu peut entretenir ses traditions culturelles sans pour autant nier les valeurs qui font du Canada une démocratie solide et vivante.

 
Peux-tu nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Toronto et sa région ?

Les Français viennent trop souvent en Ontario pour n’y voir que les chutes du Niagara. Pourtant il y a bien plus à voir et à faire, d’où mon projet de site www.decouvrirtoronto.com qui tente de présenter un autre visage de la ville aux touristes francophones et Français.
 
À ceux qui souhaitent visiter Toronto en peu de temps, je recommande sans hésiter le plus facile et le plus évident : la rue Queen Ouest, Yorkville et la Tour CN.
 
La Tour CN, Toronto 
 
À ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de Toronto : le quartier chinois, le quartier Kensington, la distillerie, le quartier italien et le quartier grec. N’oubliez pas de prendre le tramway au moins une fois et surtout mangez, mangez et mangez : diversité ethnique signifie diversité culinaire !

Tramway de Toronto - Crédit photo : Marc Cormier
 

Quel endroit du Canada rêves-tu de visiter, voire même d'habiter ?

Aucun à priori. Ayant visité de nombreuses provinces et villes du Canada, ce qui me reste à voir est ce qui m’intéresse le moins. J’ai particulièrement aimé les provinces maritimes et la province du Québec qui reste l’une des plus belles du Canada. Je souhaite néanmoins découvrir le grand nord, mais pas pour y vivre.


Quel regard portes-tu sur la France depuis que tu vis au Canada ?

La France est un pays qui n’a pas encore fait le deuil de son passé colonial et qui peine à traiter des problèmes découlant de l’immigration et de la non-intégration des populations immigrées.

Sur le plan politique et économique, vu du Canada, force est de constater l’hyperpuissance de syndicats, le manque de responsabilité partagée dans le domaine professionnel et la profonde inertie de certaines administrations. Malgré tout cela, la France reste une patrie dont on peut être fier depuis l’étranger et qui a une capacité d’adaptation sociale et politique dont il faut tirer parti.

J’ai donc un regard affectueux mais réaliste à l’égard de la France et je souhaite éventuellement pouvoir y retourner dans le cadre professionnel. La France à tout à gagner de l’expérience de ses expatriés !


Qu'est ce qui te manque le plus de la France ?

La culture, l’histoire, la langue, les référents culturels, le goût du débat, le parler vrai, la cuisine, les produits du terroir et avant tout l’architecture !


Quelle est ta saison favorite au Canada ?

L’automne, du moins à ses débuts : la végétation est toujours présente même si elle est changeante, ce sont de belles récoltes en campagne, on n’y souffre plus des chaleurs caniculaires de l’été et les moustiques ont fort heureusement disparu !

Pour toi, quel est le plus désagréable entre le facteur humidex et le facteur éolien ?

Le facteur humidex ! Quoi de plus désagréable en plein été qu’une chaleur humide. Le facteur éolien n’était qu’une fraction de ce que j’ai pu vivre à St Pierre et Miquelon, il me fait doucement sourire en Ontario – sauf en cas de tornade bien entendu !

        Fin             

Je remercie chaleureusement Marc pour sa participation à ce billet sur les Chroniques d'ici. Le mois prochain (le 1er février), nous allons rencontrer un couple de jeune français installé à Montréal.

Retrouvez également la chronique précédente en Alberta (cliquez-ici). Et pour suivre l'actualité du blog et ne louper aucun article, n'oubliez pas la page Facebook du blog !

Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou l'un des territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre milieu de vie, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien. Je vous attends !

Un nouveau logo pour le blog !

Depuis quelque temps, j'avais le souhait de personnaliser le blog et de faire faire un logo. Après plusieurs propositions et quelques discussions, nous avons retenu ce logo qui représente parfaitement l'idée du blog : partager nos expériences liées à l'immigration au Canada, tout en gardant un lien avec nos origines.

La feuille d'érable, symbole du Canada se transformant en avion en papier.

 
La feuille d'érable rappelle bien évidemment notre pays d'accueil et l'avion en papier illustre le lien que l'on souhaite conserver avec nos origines respectives, ainsi que notre envie de découvrir l'ensemble du Canada.
 
Je remercie Geneviève, graphiste et propriétaire du site eskabodesign.ca, pour son inspiration et sa créativité.

Permis de travail dans l'attente de sa RP

Le 15 décembre dernier, Citoyenneté et Immigration Canada a annoncé la création d'un nouveau permis de travail transitoire pour toutes les personnes qui vivent au Canada et qui ont effectué une demande de Résidence Permanente et dont le permis de travail actuel va se terminer au cours des 4 prochains mois.
 
Pour ceux qui ne le savent pas, la Résidence Permanente permet à des non-canadiens de demeurer et de travailler au Canada librement. L'obtention de ce statut prend du temps pour toutes les personnes qui habitent à l'extérieur du Canada et qui veulent immigrer ici (consulter les délais moyens).
 
En théorie, la demande de Résidence Permanente est traitée plus rapidemment si vous êtes déjà au Canada, mais il est courant que le permis de travail en cours arrive à expiration avant l'obtention du nouveau visa (exemple, le permis de travail arrive à son terme le 15 mars 2013 et la Résidence Permanente est octroyée le 15 juin 2013, que fait-on pendant ces 3 mois ?) .
 
Cette situation engendrait de nombreux problèmes et notamment de devoir redemander un nouveau permis de travail avec une procédure plus longue (l'employeur devait justifier pourquoi il prenait un non-canadien plutôt qu'un canadien. Il devait demander un AMT, avis sur le marché du travail). Si l'immigrant ne demandait pas de nouveau permis de travail, il n'avait plus le droit de travailler (avec toutes les conséquences qui vont avec) jusqu'à l'obtention de sa RP.
 
Le nouveau permis de travail transitoire évite toutes les démarches compliquées d'obtention d'un nouveau permis de travail (pas d'avis nécessaire) et le permis de travail serait ouvert (pas de restriction quant au choix de l'entreprise). Théoriquement, les personnes qui font la demande de ce nouveau permis transitoire obtiendraient une réponse rapidemment.
 
Pour avoir droit à un permis de travail ouvert transitoire, les demandeurs doivent remplir les conditions suivantes :
  • Se trouver actuellement au Canada,
  • Avoir un permis de travail valide qui expire dans les quatre prochains mois,
  • Avoir reçu une décision favorable quant à leur admissibilité à la RP, dans l’un des programmes de la catégorie de l’immigration économique mentionnés précédemment,
  • Avoir soumis une demande de permis de travail ouvert,  

Si vous souhaitez plus d'infos, je vous invite à lire le bulletin complet publié par Citoyenneté et Immigration Canada : Bulletin opérationnel 485.

Pour la recherche d'emploi, vous pouvez lire ou relire le billet que j'avais rédigé pour les expat'. (ici pour l'article).

Idées cadeaux culinaires pour les fêtes

Je me rends compte que la section Agriculture & alimentation est un peu moins garnie ces derniers temps. Avec les fêtes qui approchent à grands pas, je vous propose trois idées cadeaux qui tournent autour du thème de l'alimentation et tout particulèrement l'alimentation au Québec, incluant sa partie "grand nord".

Pachamama, Cuisine des Premières Nations
La première idée de cadeau est un livre sur l'alimentation et les traditions culinaires des Premières Nations. Des amis nous ont offert cet ouvrage et il est truffé de recettes toutes plus originales les unes que les autres. Le livre présente également l'histoire, les habitudes alimentaires et les traditions de différentes communautés autochtones du Québec et de l'Ontario.
 
Pachamama, Cuisine des Premières Nations, aux éditions BORÉAL 

 
Quelques exemples de plats que vous trouverez dans ce livre :

 
Pour commander le livre à distance, voici le lien direct sur Amazon.ca : lien pour l'achat du livre
Il est également disponible numériquement (format PDF) : lien pour l'acquisition numèrique du livre

Les Perles à l'érable
Ce produit a gagné un prix d'innovation en 2011 et avait profité de la tendance cuisine moléculaire. Il s'agit de petites bulles de sirop d'érable pouvant être consommées avec des coktails, des hors-d'oeuvre ou tout simplement pour ajouter une touche de sirop d'érable dans les plats.



Inventées par la Coopérative Citadelle (coopérative québecoise de producteurs de sirop d'érable), ces perles d'érable ne sont malheureusement pas disponible à très court terme en raison d'absence d'inventaire (victime de son succès ?). A priori, on devrait de nouveau en trouver d'ici les prochains mois chez les revendeurs les Délices de l'Érable ou même sur leur boutique en ligne.


Boite découverte Agropur
Les fromages québecois, je vous en ai déjà parlés à maintes reprise (ici, par exemple), sont bons et variés. La coopérative laitière Agropur sort chaque année sa boite découverte composée de cinq fromages d'ici (l'Oka, le Chevrita, le Rondoux, le Champfleury et le Grand Cheddar).


Pour vous procurer cette boite, le plus simple est de vous rendre dans une fromagerie (par exemple la fromagerie Hamel au marché Jean-Talon de Montréal ou la fromagerie d'Atwater ou bien encore la fromagerie Yannick à Québec). L'autre possibilité est de vous constituer votre propre boite à des tarifs encore plus intéressants en vous rendant directement à la fromagerie Agropur à Saint-Hyacinthe (995 rue Johnson Est, le long de la 20).

Découvrez tous les fromages d'Agropur sur le site plaisirs et fromages.ca. Compter environ 30 $ pour la boite de cinq fromages.
 
 
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