Chroniques d'ici, Ottawa, Ontario

Pour cette quatrième Chronique, je vous emène du coté d'Ottawa dans la province de l'Ontario. Nous partons à la rencontre de Jerome, immigrant français qui vit au Canada depuis près de 5 ans.

L'Ontario - source : www.wikipedia.com


Peux-tu te présenter ?

Jérôme, 25 ans, je suis originaire de la région Rhône-Alpes et je vis à Ottawa depuis août 2008. Je suis l'auteur du site www.blog-canada.com et d’un guide pour aider les jeunes français à préparer leur départ au Canada.
Après une année d’échange académique à l’Université d’Ottawa, J'ai enseigné le français aux employés du gouvernement canadien dans le cadre d’un PVT (Permis Vacances-Travail). Je suis ensuite retourné à mes études et je termine actuellement la troisième année de mon baccalauréat canadien à l’Université du Québec en Outaouais.
Vidéo promotionnelle de la province de l'Ontario :


Quel a été ton principal défi en arrivant au Canada ?

Mon principal défi a été de réapprendre à communiquer et de me socialiser. Ceci était d’autant plus difficile que je ne parlais (presque) pas un mot d’anglais à mon arrivée.



A ce jour, selon toi, quels sont les 4 avantages de vivre en Ontario ?

L’Ontario est la province la plus peuplée du Canada, on a donc facilement accès à de nombreux biens et services. L’Ontario abrite de magnifiques paysages et édifices (le parc Algonquin, le canal Rideau, le Parlement, etc...). L’Ontario à également l’avantage d’héberger la capitale politique (Ottawa) et économique (Toronto) du Canada et d’être à proximité des États-Unis et du Québec.
C’est également la province qui compte la plus grande communauté francophone canadienne (Franco-Ontariens) hors du Québec. Ils ne représentent cependant que 3 à 4 % de la population ontarienne et ils vivent majoritairement dans les régions situées à proximité de la frontière avec le Québec.

Le Parlement, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


A ce jour, selon toi, quels sont les 4 inconvénients de vivre en Ontario ?

Contrairement aux provinces de l’ouest, telles que la Colombie-Britannique, l’Ontario connaît des hivers très froids, avec des températures pouvant descendre en dessous des -30 °C.
Le temps d'attente pour voir un médecin est très long dans la région d'Ottawa. Au service des urgences, il peut dépasser les 10 heures (cependant, j’ignore si ce problème est régional, provincial ou national).
Le coût de la vie en Ontario (logement, transport public, éducation, etc.) est plus élevé qu'au Québec.
Finalement, en Ontario l'alcool n'est pas en vente libre dans les magasins et dépanneurs (il faut aller dans des magasins spécialisés tels que le LCBO ou le Beer store).



Pourquoi avoir choisi de vivre en Ontario ?

Je suis venu au Canada grâce au programme d’échange ORA (Ontario - Rhône-Alpes), donc le choix s’est imposé à moi. En revanche, j’ai choisi la ville d’Ottawa, car c’est la capitale nationale du Canada et c’est l’une des rares villes ayant une université bilingue.

drapeau ontarien


Depuis ton installation au Canada, qu'est ce qui t'étonne ou te surprend le plus ici ?

Le grand nombre de drapeaux canadiens, de voiture de police, de sans-abris, de mendiants et de personnes en fauteuil roulant que l’on croise dans les rues m’a beaucoup surpris à mon arrivée. La présence de la nature et des animaux sauvages dans la ville, ainsi que l’habilité de certains canadiens à passer du français à l’anglais au milieu d’une conversation sont aussi deux phénomènes extraordinaires qui ont capté mon attention.

Aussi, je n’en reviens toujours pas que de nombreux « diner » proposent de re-remplir votre verre gratuitement pendant tout votre repas quand vous commandez un « pop » (une boisson gazeuse) ou du café. Je suis également impressionné par la taille des « larges » gobelets de café à emporter.

Finalement, l’importance presque sacrée du service client, du respect de toutes les différences (ainsi que tous les bienfaits et excès qui les accompagnent) me laisse toujours sans voix.



Parles-nous de la région où tu vis actuellement

Ottawa est une ville ontarienne bilingue située à proximité du Québec. La population est majoritairement anglophone.

The Alexandra Bridge, Ottawa/Gatineau - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés
Le paysage est très vert et la nature très présente. Les températures peuvent varier de -40°C à +40°C. Les villes de Montréal, Kingston et Toronto sont situées à quelques heures de route d’ici.

Kingston, Ontario - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés
Ottawa est une ville importante, mais ce n’est pas une métropole hyperactive au même titre que Montréal, Toronto et Vancouver. On y retrouve entre autres, la plus grande patinoire naturelle du monde (le canal Rideau), le Parlement du Canada, l’un des plus anciens et des plus grands marchés publics au Canada (le marché By), le célèbre musée canadien des civilisations et des festivals tels que le festival canadien des Tulipes et le festival International de Jazz d’Ottawa.



A quelles occasions utilises-tu le français ?

J’utilise le français quand je vais au Québec (de l’autre côté de la rivière), c’est à dire que je parle rarement français en dehors de mes cours universitaires. En Ontario, je n’utilise que deux à trois mots de français de temps en temps avec quelques amis canadiens. La majorité de mes fréquentations ne parlent que l’anglais.



En quoi consiste tes études ? Est-ce que tu as eu des difficultés pour faire reconnaitre ce que tu as appris en France ?

Mon DUT français n’était pas reconnu, mais ce n’a pas été un problème pour moi, car j’ai fait le choix de faire un baccalauréat canadien (équivalent d’une licence française) pour me donner le temps de m’adapter à la langue et à la culture générale et spécialisée.
En gros, je me suis donné 3 années pour acquérir toutes les connaissances que les Canadiens ont accumulées en 15-20 ans.



Est-ce que tu estimes que ton immigration a influencé ton caractère ou ta façon de voir les choses ?

Je pense qu’en vivant à l’étranger on acquiert un plus grand recul, une nouvelle perspective et une plus grande ouverture d’esprit. Étrangement, on apprend beaucoup sur soi-même et sur son propre pays en le quittant.



Peux-tu nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Ottawa et sa région ?

- Visiter le parlement d’Ottawa

- Faire du patin à glace sur le canal Rideau

- Faire une randonnée dans le parc de la Gatineau

- Faire du Canoë ou du Kayak à Dow’s Lake

Le canal Rideau gelé, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés

Le canal Rideau en été, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


Quel endroit du Canada rêves-tu de visiter, voire même d'habiter ?

Je rêve de traverser l’ouest du Canada en train et d’aller voir le lac Louise en Alberta. J’aimerais également visiter Vancouver en Colombie britannique et observer les aurores boréales dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon ou au Québec.
J’aimerais habiter dans une grande ville anglophone telle que Toronto, mais si déménagement il y a, ce sera probablement pour partir vivre à Halifax, où vit la famille de ma moitié canadienne.



Quel regard portes-tu sur la France depuis que tu vis au Canada ?

Mon regard n'a pas changé. J’aime toujours autant la France. J'ai simplement pris du recul et mes critiques positives et négatives sont plus constructives qu'elles ne l'étaient avant mon départ



Qu'est ce qui te manque le plus de la France ?

La famille, les amis, le fromage, le vin et les alcools pas chers, le saucisson et les conditions de travail sont les choses qui me manquent le plus.



Quelle est ta saison favorite au Canada ?


Il est difficile d’avoir une saison préférée entre un hiver trop froid et trop long, un été trop chaud et trop court et l’hiver suivant… Le printemps et l’automne sont agréables, malheureusement ils ne durent pas.

Westboro beatch - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


Pour toi, quel est le plus désagréable entre le facteur humidex ou le facteur éolien ?

Le vent est définitivement la pire chose pour moi durant l’hiver. Surtout quand il fait passer une température « réelle » de -30°C en une température ressentie de -40°C.

  
        Fin            

Je remercie très chaleureusement Jérôme pour sa participation au billet Chroniques d'ici.

Vous pouvez retrouver les trois précédents billets en Alberta (cliquez-ici), en Ontario ( cliquez-ici) et au Québec (cliquez-ici). N'oubliez pas également la page facebook du blog !

Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou l'un des territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre milieu de vie, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien. Je vous attends !

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